RDC/Justice, perquisitions, dissolution — Tshisekedi pousse Kabila vers sa fin politique et appuie sur « Supprimer Kabila »

Joseph Malaba
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L’actuel président de la RDC, Félix Tshisekedi, semble avoir entamé une offensive politique majeure contre son prédécesseur Joseph Kabila, marquant peut-être la fin définitive de l’ère post-Kabila. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre le camp présidentiel et les fidèles du Front Commun pour le Congo (FCC), coalition politique autrefois dominante.

1. Justice et perquisitions : une stratégie d’asphyxie

Depuis quelques mois, plusieurs proches de Joseph Kabila — anciens ministres, gouverneurs ou encore hauts gradés — font l’objet d’enquêtes judiciaires, parfois spectaculaires. Ces perquisitions sont souvent relayées par les médias, accentuant la perception d’un grand ménage visant l’ancien régime. Si certaines affaires relèvent effectivement de la justice, leur synchronisation avec les échéances politiques laisse penser à une stratégie de marginalisation ciblée.

2. La dissolution du FCC dans certaines institutions

En parallèle, Tshisekedi a réussi à restructurer les institutions en évinçant progressivement les éléments du FCC des postes stratégiques : l’Assemblée nationale, le gouvernement, et même dans l’armée et les services de sécurité. Cette dissolution informelle du réseau kabiliste dans l’appareil étatique représente un coup dur pour l’ancien président, dont l’influence s’érode chaque jour.

3. L’opération “Supprimer Kabila” : une purge symbolique et politique

Le slogan implicite « Supprimer Kabila » ne signifie pas une élimination physique, mais bien une volonté claire de retirer son ombre de la scène politique congolaise. Tshisekedi cherche à affirmer son autorité, débarrasser son régime de toute cohabitation avec le passé et marquer une rupture définitive. Cela passe par :

La déconstruction du mythe kabiliste

La récupération de l’espace politique dominé par l’AFDC, PPRD et autres partis satellites du FCC

L’assainissement moral, présenté comme nécessaire au renouveau national

4. Un calcul risqué ?

Toutefois, cette stratégie comporte des risques. Joseph Kabila, bien qu’affaibli, garde des appuis dans certaines régions et au sein de l’armée. Une pression trop forte pourrait entraîner une réaction violente ou une reconfiguration de l’opposition autour de sa personne. De plus, le contexte sécuritaire dans l’Est pourrait être instrumentalisé par ses partisans pour semer le trouble.

Conclusion

La dynamique actuelle entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila illustre une lutte d’hégémonie politique typique des transitions de pouvoir en Afrique centrale. Si Tshisekedi poursuit son entreprise de démantèlement de l’héritage kabiliste, il devra veiller à ne pas raviver des tensions internes ou créer un martyr politique. Le pari est audacieux : éliminer politiquement un ex-président sans déclencher un contre-feu incontrôlable.

RÉDACTION.

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